Direct Soir est un journal gratuit distribué le soir (je n'en prend pas par principe sauf depuis quelque temps car je l'apporte à une personne qui a besoin d'apprendre à lire), il appartient à un milliardaire qui possède un yacht où l'on peut prendre des vacances bling-bling. Il se trouve que ce milliardaire possède également une chaîne de télévision, Direct8, c'est une précision importante car à la fin de ce journal, dans la rubrique « ce soir à la télévision », cette chaîne est traitée comme les grandes chaînes, alors que d'autres mériteraient plus probablement cette place, eu égard à leur ancienneté et à leur audience.
Surtout, ce qui me faire lire (et rire) c'est le dithyrambe accompagnant presque systématiquement le film de Direct8.
2 exemples
>> lundi 11 février : « Si tu vas à Rio…tu meurs », film avec Aldo Maccione : « déjà peu avare de son énergie, Aldo Maccione se dédouble pour interpréter le rôle des deux jumeaux, se livrant à une hilarante performance comique » notation de 3 étoiles, sur M6 le même jour, Philadelphia (un oscar pour Tom Hanks), aucune étoile.
>> vendredi 15 février : Louis Page, série française : « depuis dix an cette série fait les beaux soirs du petit écran » (ah bon !?) ; notation de 3 étoiles, sur France 3 le même jour, Thalassa, aucune étoile.
Au coin café, on en rigole entre collègues, l'autre quotidien du groupe, Direct matin, est moins poétique dans ses appréciations. Quasiment tous les jours on a droit à des commentaires aussi nuancés, deux points :
- d'une part je n'aimerai pas, dans mon travail, qu'on m'impose d'écrire des âneries de cet acabit ;
- d'autre part, cette anecdote montre bien que la presse gratuite, fortement lue, peut être le vecteur d'une certaine forme de désinformation si on la lit sans analyse critique et distanciation.
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